文進堂 畑製筆所

お知らせ

フランスの美術誌「Lumières Internationles Magazine」に掲載されました。


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皆さまへ

いつもお世話になります。

昨年、2019年11月パリで筆づくり実演イベントを開催した模様が
フランスの美術誌「Lumières Internationles Magazine」に掲載されましたので
ご報告申し上げます。

実演時のブログはコチラ

Thank you very much Mr.Henri MARTIN !

また後日、ご参加されたアーティストの作品を紹介いたします。

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※以下、本文書き起こし

ARTS | Une excellence japonaise

Les pinceaux suprêmes de la calligraphie japonaise
une histoire de famille

TEXTE LUISA PACE PHOTOS HENRI MARTIN


L’artiste japonais Koso Hata de l’atelier
Hata Bunshindou, s’est rendu à Paris, à
l’espace DENSAN, pour une démonstration de la fabrication des pinceaux
«Kawajiri Fude». Koso Hata est le fils du Maître Yoshiyuki Hata et représente la quatrième génération de ces créateurs de pinceaux qui ne dérogent pas à la tradition en suivant les méthodes les plus strictes.

C’est en janvier 1930 que la famille Hata commença à fabriquer des pinceaux à Kawajiri, une petite ville située dans la Préfecture de Hiroshima.
Koso Hata représente la 4ème génération de la famille et a commencé à
apprendre l’art du Kawajiri fude – le pinceau de Kawajiri - à l’âge de 3 ans aux pieds de son père
Yoshiyuki Hata, aujourd’hui âgé de 68 ans qui, à son tour, avait
commencé à 8 ans. L’épouse de Koso, se lance aussi dans cet art familial.
Koso Hata a fait une démonstration magistrale
et abrégée par rapport aux délais nécessaires à fabriquer
un pinceau, qui paraissait un tour de magie aux non-initiés. Il faut dire qu’il
s’agit des meilleurs pinceaux au monde et leur maison de pinceaux va bientôt
fêter ses 90 ans. Bien que la culture japonaise ait des racines très anciennes,
il y a seulement 200 ans les adultes allaient dans les écoles populaires afin d’apprendre à lire et à écrire aux enfants et l’usage des pinceaux fut une révolution.

La calligraphie se dit Shodo, c’est-à-dire « la voie de l’écriture », une expression
qui fait penser à un geste sacré, à une leçon de vie à ce monde trop pressé qui
oublie la beauté du geste et de la belle écriture.
L’atelier Hata Bunshindou fabrique aussi des pinceaux sur commande
de peintres et sur le site Internet
– la beauté n’empêche pas la modernité
– on peut lire leur philosophie :
« Make absolutely no compromises inproducing the best possible brushes »

« Notre objectif prioritaire est de continuer à créer des pinceaux de calligraphie appréciés par les artistes de la région, du Japon et du monde entier »
La démonstration du Maître Koso Hata aura duré un peu plus d’une heure mais

la réalité est qu’il faut environ trois mois pour réaliser ces pinceaux aux différentes
formes et « 70 » passages selon une méthode de mélange des poils appelée
Nerimaze ! Les phases de fabrication sont de trois : le col de la brosse, la tige et la finition, et tout est fait manuellement.
Les matières premières utilisées sont principalement des poils d'animaux pour le col de la brosse, du bambou
et du bois pour la tige. Cet artisanat fut reconnu comme artisanat traditionnel en 2004. Aujourd’hui ils existent
seulement 2 maîtres artisans reconnus par le METI, ce sont les pinceaux les plus haut de gamme du Japon en raison
de cette technique sophistiquée.

Les poils sont choisis à la lumière du matin en regardant vers le Sud. Selon le type de pinceau, doux, dur ou spécial.
Par exemple, pour les doux on utilise des poils de chèvre ou d’écureuil, pour les durs de cheval ou de raton laveur…
pour les spéciaux, même de paon…
pour retirer le duvet des tas formé avec les poils on utilise un peigne, le Oniguchi – le peigne du démon.
Les Hata ont offert des pinceaux à la famille impériale et une démonstration a eu lieu devant le précédent empereur.
Leur Atelier a reçu divers prix surtout à l’occasion d’évènements pour la préservation du patrimoine japonais.
Des peintres de haut niveau leur commandent spécialement des pinceaux, des oeuvres d’art pour en créer d’autres.
A des kilomètres de ce monde agité dans le havre de l’Atelier Hata Bunshindou, la tradition des ancêtres se perpétue…

Maaya Wakasugi
La présentation des pinceaux par le Maitre Kosa Hata a été suivie d’un atelier d’écriture avec ces précieux pinceaux. Ce n’est pas par hasard que le choix du maître soit tombé sur le Calligraphe et Artiste Maaya Wakasugi qui pratique depuis l’âge de 6 ans et a étudié à la Faculté des Lettres Daito Bunka à Tokyo. Envisageant la calligraphie comme un art,il a collaboré à de nombreux projets au Japon et à l'étranger, notamment avec le Musée du Louvre et le MoMA de New-York.
Son style unique est basé sur les pictogrammes chinois (lettres
anciennes). Artiste engagé aussi, Maaya Wakasugi a offert une de ses oeuvres au siège de l’OMS à Genève. Début 2018, il
est inscrit en tant que membre affilié de la Maison des Artistes de France.